Retour sur 54h de neurones en ébullition

Je m’appelle Morgane, actuellement en service civique à Cobalt, je vais vous raconter mon Startup Weekend !

Point de départ

« Un Startup Weekend ? Ce n’est pas pour moi. ». Lorsque l’on me parle du startup weekend, je connais vaguement le concept, mais dans mon esprit cela reste quelque chose de très axé pour les professionnels. Je n’ai aucune idée à présenter, et étant encore étudiante, j’estime que je n’ai pas encore de réelles compétences à apporter. Je me laisse convaincre par mes collègues qu’il n’y a pas de profil type pour être startupper. C’est décidé, je m’inscris, super enthousiaste.

Ready ? Go !

Vendredi – 18h30, c’est le début d’un long weekend. Nous sommes plus de 70 participants dont 24 porteurs de projets. Ils ont 60 secondes et pas une de plus pour pitcher leur idée et nous convaincre de les suivre dans l’aventure. Certains projets me parlent, d’autres me font rire, d’autres encore me perdent complètement, mais un sentiment ressort clairement : le doute. Tous recherchent à peu près la même chose : des développeurs, des designers, parfois quelques comptables. Aucun de mes domaines de prédilections, étant de formation commerciale/marketing. Première remise en question : est-ce que je vais être utile à quelqu’un ? Après quelques parts de pizzas, il est temps de former son équipe. J’opte pour un projet autour des chiens, c’est encore un peu brouillon mais l’idée est d’avoir un site où les gens peuvent garder un chien à tour de rôle. Ayant toujours vécu avec au moins un chien chez moi, le projet me parle beaucoup plus que les projets autour du blockchain ou du bricolage. La team est formée, nous sommes 4 : Rosine, Angélique, Thomas et moi.

Une fois les équipes formées, on commence par un rapide tour de table, et on se rend compte que la partie va être difficile ; 3 étudiants et une ancienne cheffe de projet donc ni développeur, ni designer, pour un projet dont le coeur de l’offre est un site internet. Mais le challenge est accepté, on est tous très motivés. Après un gros brainstorming, on décide de se coucher à une heure « raisonnable ». Dès 1h du matin, tout le monde regagne ses pénates.

Faites vos jeux, rien ne va plus

Samedi – 9h,  ralliement à Cobalt autour d’un croissant et d’un café pour établir un constat unanime : la nuit a été courte et peu reposante, le sommeil long à trouver. Après un micro-trottoir (plein de belles rencontres) notre problématique se confirme : les poitevins veulent un chien mais manquent de temps à lui accorder. Confiants en notre idée, on continue sur notre lancée.

14h – arrivée des coachs et premier coup dur. Jusque là, notre fil rouge nous semblait clair ! D’un coup, grosse pagaille, gros débat, c’est une énorme remise en question. On se rend compte qu’il faut qu’on reprenne tout depuis le début, que quelque chose ne va pas et qu’on avance à rien. Un sentiment défaitiste gagne la team, on a l’impression d’avoir perdu quasiment 20h sur nos 54 précieuses heures.

19h30 – tous dans le même bain, on profite du repas pour échanger avec les autres teams, savoir où ils en sont. On se rend alors compte que tout le monde est passé par cette étape de doute, beaucoup ont également repris depuis le début. C’est une forme de soulagement, et on repart tous les 4 boostés comme jamais !

23h – moment fatidique, jusque-là, on arrivait à se dépatouiller pas trop mal… voici le moment redouté mais crucial : le plan financier. Aucun d’entre nous n’est à l’aise avec ça, on ne sait pas quoi calculer, ni comment. En réalité, pour nous, c’est du chinois. Heureusement, malgré l’heure tardive, un super coach, Cyrille Simard d’UbiConseil , nous offre un cours particulier de 30 minutes en matière de finance. Au moins, on a les bases et on sait dans quelle direction aller.

00h – ça ne fait que commencer ! l’un de nos valeureux guerriers, Rosine, succombe à la fatigue. Nous ne sommes plus que 3 face à des équipes qui sont encore 9 et qui ont prévu de se relayer entre ceux qui travaillent, et ceux qui se reposent. On est tous d’accord, pour nous, la nuit n’existera pas.

5h – repos ! à l’heure où certains commencent leur journée, nous, on envisage enfin de s’accorder un peu de sommeil. On a bien avancé, on commence à entre-apercevoir le bout de tout ça. A peine 3h de sommeil, sur un canapé, dans un coin, rien de régénérant mais au moins, le sentiment d’avoir vraiment soufflé. Petit cours de yoga avec Dora à 8h30 pour se relaxer et mieux appréhender cette ultime journée…

Dernière ligne droite

Le dimanche matin n’est que la finalisation de tout le travail déjà accompli. Il faut commencer à préparer la présentation finale et prioriser ses dernières tâches afin de ne pas se faire prendre par le temps. Midi arrive déjà…  on s’autorise une dernière heure de temps mort à traîner autour de la table de ping-pong, avant d’être dans le rush ultime. A 15h, c’est l’heure des pitchs à blanc, pas une franche réussite ni pour nous ni pour personne… Il reste alors 2h pour s’entraîner, s’entraîner et s’entraîner, car être un bon pitcheur n’est pas donné à tout le monde.

La concrétisation de tout ce weekend arrive à 17h, en même temps que le jury final. L’ambiance qui était bon enfant jusque-là devient un peu plus formelle, et le stress monte au prorata de la salle qui se remplie. On nous annonce qu’on sera en direct sur Facebook, petit coup de pression supplémentaire. C’est l’heure des derniers détails pour notre team, d’une dernière répétition chronométrée à la seconde près et d’un petit détour aux toilettes pour donner l’illusion d’être un peu frais. Sur les 10 équipes à passer, nous sommes 5ème. Le défilé des pitchs commence. Là où des équipes n’ont que 1 ou 2 pitcheurs, nous on a décidé de parler à 4, pour rester une team, jusqu’au bout. Au cours de mes études, j’ai fait plusieurs présentations orales dans le cadre de projets, mais rien de comparable avec celle-là : première fois devant autant de monde, avec un micro, et surtout face à un jury si important. Ma plus grande peur : bégayer et perdre du temps sur les 5 minutes accordées… Finalement tout se passe super bien,  j’y prends même du plaisir ! Le jury se retire, enfin nous allons pouvoir souffler. *

 

20h15. Les résultats tombent. Même sans avoir gagné un prix, nous sommes tous d’accord pour dire que nous avons gagné beaucoup pendant ce week-end. Avant tout, des amis, avec qui on a déjà prévu de se revoir ! Beaucoup de nouvelles connaissances acquises, en finance, en droit et même en développement. Énormément de souvenirs (dont des photos un peu dossier… et sur tout le monde !) et surtout la fierté de se dire qu’on l’a fait !

Special thanks

Un énorme merci avant tout aux organisateurs (Pauline et Alexis du SPN, Olivier Delhumeau,  Marlène de l’ESCM etc.), qui, pour le voir en interne, se sont vraiment beaucoup donnés pour cet événement. Big up à eux ! Un autre énorme merci à tous les coachs (Joe  de l’agence MBA, Lisa du SPN,  Eric Leguay, Olivier de l’agence CCI Vienne, Guillaume de l’ADIEetc.) qui se sont relayés pour nous aider en nous apportant une expertise de fou et toujours de la bienveillance. Et finalement une mention spéciale pour notre facilitateur, Julien Dargaisse, une sorte de papa, qui a construit une vraie famille en 54h !