Le Défi créatif du Palais : « Une très belle expérience, enrichissante à des niveaux différents »

Le week-end des 24 et 25 novembre dernier, Cobalt a accueilli les équipes du hackathon : Le Défi Créatif du Palais qui ont eu pour challenge d’imaginer l’avenir du Palais des Ducs.

Pendant 24 heures, des équipes se sont creusées les méninges afin de produire un projet numérique (site web, application mobile ou dispositif multimédia) pour répondre à la problématique : Comment la création sous toutes ses formes peut-elle révéler le patrimoine et mettre en mouvement la ville dans une dynamique contemporaine ?

La team Aromad, composée de Delphine Rabat, Antoine Blanchard, Michael Smets et Agathe Ramade, est l’équipe gagnante du prix accessibilité. Nous leur avons donné carte blanche pour nous donner leurs retours sur cette expérience. Delphine et Antoine ont répondu à l’appel !

FICHE D’IDENTITÉ :

  • Delphine Rabat : Cheffe de projet scénographe, coworkeuse à Cobalt.
  • Antoine Blanchard : UX Designer.

RETOUR DE DELPHINE RABAT :

Peux-tu nous raconter le déroulé du hackathon ?  

Avant le hackathon :

– Dans les 3 mois précédant l’événement : Travail de motivation à la participation par l’équipe du SPN.
Participation au meet-up number 1.
– Dans les 2 semaines précédant l’événement : Composition d’une équipe avec des membres qui ne se connaissaient pas ou très peu.
Participation au meet-up number 2, à la médiathèque.

Déroulement du hackathon :

Samedi…
– 8:30 : Préparation du sac avec ordinateur et thé.
– 9:30 : Première rencontre entre certains membres de l’équipe, et brief par Grand Poitiers et le SPN.
– Jusqu’à 11:00 : On décortique le sujet et on remplit le petit salon de post-it.
– Jusqu’à 12:00. Visite de l’office du tourisme, benchmark d’événements similaires en Europe… On s’inspire, on cherche de la matière. Puis, débrief avec l’équipe.
– 12:00 : Déjeuner, miam !
– Jusqu’à 18 h : Recherche du concept.
– 18:00 : On commence à produire les éléments, avec une pause pizza, en présentant l’avancement de notre réflexion au membre du jury. Puis, photoshop, impression, codage, plastification, découpage de plexi, cartons, et de bouteille…
– 20:30 Remise de la fiche projet (que je n’ai jamais lu d’ailleurs 😉)

Dimanche…
– 3:30 : Arrivée dans mon lit.
– 5:00 : Endormissement.

– 7:00 : Réveil.
– 8:00 : Construction du pitch, des éléments de présentation.
– 10:30 : Présentation du pitch.
– 12:30 : Annonce du prix accessibilité.
– 16:00 : Retour dans mon lit.

Quels ont été les temps forts et les grandes émotions du week-end ? 

– Samedi après-midi : Convergence de l’équipe vers une proposition sans smartphone !
– Echange avec Hervé, mentor -> Allez creuser vos bonnes idées !
– Le photoshop de la nuit : j’aime ça, même si je ne suis pas une pro !
– Echange avec Lisa, mentor -> Vous êtes sérieux les gars, vous ne pouvez pas mieux faire ? Avec une formulation bien plus subtile de la part de Lisa bien sûr
– Les énormes fous-rires de la soirée et de la nuit (ah ça, on a énormément ri !)


– Le difficile endormissement car je n’étais pas sereine par rapport à la qualité de notre rendu à présenter quelques heures plus tard…
– L’écriture du discours et la répétition du pitch : ça va le faire ! Ready for the show !
– L’annonce du prix accessibilité  !


– Les déjeuners.

Autre chose à ajouter ? 

Le processus de création était très diffèrent de ce que je connais habituellement, puisque pour concevoir une expérience de visite / une expo / un dispositif, on part normalement du lieu et du contenu. Là, on avait le lieu, mais pas le contenu. Il a fallu inventer des artistes et des œuvres plus ou moins fake pour appuyer notre discours.
Autre grosse différence : j’ai l’habitude de travailler en équipe et on s’appuie sur les forces et on compense les faiblesses des autres. Là, on ne connaissait pas les qualités, les compétences et les forces des autres membres de l’équipe en amont.
Un point qu’il m’a fallu accepter au fur et à mesure du week-end est que le niveau d’exigence ne pouvait pas être celui que j’ai dans mon travail. Dans le taf, quand il manque réellement une compétence, on va la chercher. Là, il fallait se débrouiller principalement en interne.

En tout cas, c’était une très belle expérience, enrichissante à des niveaux différents !

RETOUR DE ANTOINE BLANCHARD :

Comme le dit Delphine, nous n’avons arrêté notre concept qu’en fin d’après-midi. Pour ne pas dire au dîner, comme si notre horloge interne était réglée pour que ce jalon important de nos 24h coïncide avec cette pause dînatoire. Je ne peux m’empêcher de comparer : un mois plus tôt, dans le même contexte (hackathon de Niort) mais avec une autre équipe, il en avait été de même. Delphine l’a également citée : l’intervention d’Hervé, mentor, vers 16h je crois, a été décisive pour nous.

De l’annonce du sujet, à 10h, « à l’heure du goûter », nous avons partagé nos compréhensions du sujet puis réalisé une collecte d’informations diverses pour nous aider à mieux le cerner. Consultations de sites web de villes ayant déjà créé des parcours originaux de leur découverte, visite à l’office du tourisme de Poitiers pour y dénicher les brochures actuelles, découverte des résultats d’un des ateliers participatifs préparatoires au nouvel aménagement du Palais des Ducs…

Puis, ceci étant fait avant la pause déjeuner, nous avons vécu ensuite une digestion longue et fastidieuse. Non pas liée au déjeuner (excellent), mais à notre digestion du sujet. Nous peinions à nous décider à nous concentrer sur une portion réduite et raisonnable du sujet (très vaste). Nous partions dans trop de directions. Autrement dit, nous avions des difficultés à faire un choix. A quoi souhaitions-nous en priorité nous attaquer et répondre avec notre solution ? Et c’est là qu’Hervé nous a aidés.

Bien que notre sujet fût un sujet d’innovation, avec la contrainte d’intégrer de la technologie, nous ne voulions pas faire comme nos concurrents. Nous nous doutions que le smartphone allait être roi parce qu’il était question de création de parcours (smartphone = mobilité). Aussi, nous avons fait le choix de creuser la piste de « technologie sobre », quand la technologie passe au second plan pour se faire oublier ou presque. De mémoire, c’est en creusant cette volonté que l’idée de proposer un jeu de cartes à scanner ou biper à germer. Nous voulions du ludique, du poétique.

Nous souhaitions que ce jeu soit le compagnon de découverte de Poitiers, de ses sites patrimoniaux emblématiques, et en même temps des œuvres disséminées dans le cadre de la biennale Traversée. « Traversée », le mot clé « clé de voûte » de notre concept. Car, comme nous le fit remarquer Hervé, plusieurs sens se cachent derrière ce mot, et notamment l’idée de traversée géographique de Poitiers, mais aussi celle de traversée des époques. Notre concept s’affinait : notre jeu allait être composé d’une dizaine de cartes, soit autant que de lieux patrimoniaux emblématiques en plein centre de Poitiers, avec un personnage historique associé à chaque lieu, tel un médiateur dédié à chaque lieu.

Tels des clés pour découvrir chacun de ces lieux emblématiques, nos cartes, une par site je le rappelle, ont pour vocation d’enrichir l’expérience des visiteurs en leur proposant diverses interactions sensorielles. On imagine parfois une, parfois plusieurs interaction(s) par lieu. Ainsi, en scannant ou bipant ses cartes via des boîtiers d’interactions qui doivent être clairement identifiables et localisables, les visiteurs peuvent par exemple : diffuser une odeur, écouter une musique, un bruit, imprimer une histoire courte ou une recette, lancer la lecture d’une vidéo, déclencher en extérieur un éclairage temporaire la nuit… Chaque interaction devant évidemment être en lien avec le lieu où elle prend part et / ou l’histoire de ce lieu et / ou l’œuvre exposée dans le lieu.

Voilà, c’était ce que je souhaitais partager pour raconter notre expérience et notre projet.