Les connaissances acquises dans l’entrepreneuriat alimentent l’action citoyenne, et vice versa.

Citoyens engagés, Aloïs, Agathe et Olivier ont envie de favoriser le passage de la prise de conscience à l’action. Pour leur 2ème événement, ils font venir Flore Vasseur et Frédéric Bardeau afin de discuter activisme. Rencontre avec ces 3 habitués de Cobalt !

Fiche d’identité :

Aloïs Gaborit, 24 ans, #startupper

Agathe Ramade, 23 ans, #Projets #International #Culture

Olivier Delhumeau, 38 ans, #serial entrepreneur #touche à tout


Avant de parler de votre initiative, racontez-nous comment vous êtes vous rencontrés.

Alois & Olivier (en coeur) : À la machine à café de Cobalt, tout simplement ! (rires).

Olivier : Après quelques échanges, on s’est vite rendu compte qu’on avait des synergies.

 

Après votre 1ère conférence intitulée “Comment le récit peut-il changer le monde ?”, avec l’auteur de Siècle Bleu il y a quelques semaines à Cobalt, vous organisez à nouveau un événement jeudi prochain, intitulé “Activisme : Passé, Présent, Futur”. De quoi s’agit-il ?

Alois : On fait venir Flore Vasseur (NDLR : écrivaine, entrepreneur et journaliste française) qui s’intéresse aux parcours de vie d’activistes comme Edouard Snowden, Aaron Swartz… mais aussi à ceux d’enfants. Par exemple, celui d’une fille de 12 ans qui se bat à Bali pour interdire le plastique. Flore vient d’ailleurs de lancer une campagne de crowdfunding pour financer son prochain film qui parlera de jeunes activistes. Allez-voir la vidéo de présentation, ça donne la chair de poule !

Olivier : A nos côtés, il y aura également un autre activiste : Frédéric Bardeau. Il est connu comme étant fondateur de l’école de Simplon (NDLR : un réseau de fabriques solidaires et inclusives qui propose des formations gratuites aux métiers du numérique). Originaire de Montmorillon, c’est également le spécialiste français de Anonymous. Et il a monté une agence de communication responsable, appelée LIMITE, qui accompagnement des fondations et des ONG dans leur stratégie. C’est un homme d’action.

 

Quel est le fil rouge de ces événements ?

Alois : Ce 2ème événement fait une bonne continuité avec la 1ère conférence de Jean-Pierre Goux. Son roman, Siècle Bleu, raconte l’histoire d’une organisation clandestine prête à tout pour sauver la planète et l’humanité.. Cette nouvelle conférence nous permet de passer de la fiction au réel !

 

À qui souhaitez-vous vous adresser et quel est le dénominateur commun de ces événements ?

Alois : Il n’y a pas une journée ici à Cobalt ou ailleurs où on ne parle pas des grands enjeux de notre société, de l’urgence climatique au web de demain. L’idée c’est donc d’apporter un regard sur comment agir. À l’heure où de plus en plus de lois restreignent nos droits sur Internet, ça nous semblait logique d’évoquer ce sujet à Cobalt !

Olivier : On est tous persuadés que ceux qui vont changer le monde, c’est les très jeunes. Et les manifestations de ces dernières semaines le confirment. On souhaite vraiment transmettre aux nouvelles générations les enseignements qu’on a tiré de nos expériences.  

Agathe : Globalement, on s’adresse à tous les gens qui sont conscients de l’état du monde et qui, coincés dans leur vie quotidienne, ne savent pas comment agir…

 

Est-ce que c’est facile de faire venir ces personnalités à Poitiers. Quand vous les contactez, quelle est leur réaction ?

Olivier : Pour des causes comme celles-ci, c’est super facile ! 3 messages sur Facebook et c’est calé. Malgré le fait que ces personnalités soient ultra sollicitées, elles se mobilisent rapidement.

 

Quelle est votre ambition ? Jusqu’où souhaitez-vous aller?

Olivier : Notre ambition c’est de transmettre des connaissances, de partager des expériences… mais pour le moment nous ne souhaitons pas nous embarrasser avec des formalités pour monter une quelconque structure.

Alois : Oui, ce qui nous intéresse c’est de créer une sorte de boîte à outils pour permettre aux personnes d’agir… On organisera d’autres événements dans ce sens mais plutôt à partir de la rentrée de septembre. D’ici là, on envisage de transformer ce cycle de conférences, de le dématérialiser, peut-être avec des podcasts audio ou vidéo…

Agathe : Organiser des conférences, c’est super sympa. C’est important d’échanger avec les gens. En revanche, on touche une quarantaine de personnes pour pas mal de temps investi. On réfléchit donc aux moyens de toucher plus largement…

 

Dernière question. Alois et Olivier, vous gravitez tous les 2 dans la startupsphère. Quel parallèle faites-vous entre entreprendre professionnellement et agir pour la société ? Est-ce facile à conjuguer ou cela peut-il se révéler antagoniste ?

Olivier : Antagoniste je ne crois pas. Les connaissances acquises dans l’entrepreneuriat alimentent l’action citoyenne, et vice versa. La preuve, aujourd’hui on s’apprête à pivoter !!! (NDLR : le pivot est une notion utilisée dans l’univers des startups pour désigner une évolution de stratégie afin d’adapter son projet au marché).

Alois : Ça peut sembler paradoxal de sentir qu’il faut agir, de tendre dans ma vie personnelle vers le 0 déchet, et d’être cofondateur d’une startup, sachant que le modèle de toute startup est la croissance infinie… J’essaie de trouver un point d’équilibre, pour ne pas être extrémiste dans un sens ou dans l’autre.

Agathe : Pour moi, c’est assez conjugable en fait. Si on prend l’exemple d’Alois, ok Pixis (NDLR : la startup dont il est le cofondateur et qui est hébergée à Cobalt) n’est pas dans la greentech, mais elle intègre des idées en lien avec ses idéaux. Via la galaxie des métiers, elle sensibilise les jeunes aux défis de la société de demain en mettant en avant les 17 Objectifs de développement durable des Nations Unies.

Olivier : Pour rebondir sur ces propos, moi j’ai personnellement arrêté tous les projets qui humainement n’étaient pas valorisants et qui, en termes de développement, n’étaient pas raccord avec mes valeurs.

Alois : En résumé, ce n’est clairement pas facile de conjuguer les 2, mais on a pas le choix. Le but, c’est pas d’aller vivre au fin fond du Larzac…

 

Vous vous sentez une âme d’activiste ? Découvrez quel est votre profil d’”acteur de la réinvention” avec cet outil développé par l’Institut des Futurs souhaitables.

Pour suivre toute les actualités de ce cycle de conférence, rendez-vous sur la page facebook Déconstruire et réinventer l’avenir.

Et bien sûr, rendez-vous jeudi 28 mars à Cobalt ! Tous les détails ici.

 

Propos recueillis par Anne-Céline Henault.