Les Usines, « c’est réellement un lieu à part ! »

Partenaire de Cobalt, le tiers-lieu Les Usines (anciennement Les Usines Nouvelles) a ouvert ses portes il y a 5 ans à Ligugé. Aujourd’hui, cette zone d’activité atypique continue à se renouveler. Rencontre avec un de ces cofondateurs, Cyril Chesse.

Fiche d’identité :

Cyril Chesse, 42 ans, cofondateur du projet des Usines, chargé de développement, coordinateur de la structure et formateur.


Qu’est-ce que Les Usines ?

C’est une zone d’activité d’un nouveau genre ! On essaye de proposer un cadre de travail où l’on peut trouver des ressources (compétences, outils, réseau) pour faciliter l’installation de porteur de projet ou entrepreneur/euse. La structure met en place des éléments pour faciliter tout ça : espaces de travail privé et espaces mutualisés (fablab, salles de réunions). Nous souhaitons augmenter et améliorer les différents services pour faciliter l’installation et le développement de projets.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Donc concrètement qu’est ce qu’on trouve aux Usines ?

Aux Usines, nous avons un FabLab, des jardins partagés, des espaces de coworking, des salles de réunions privées… Nous faisons du conseil au prototypage/conception, de l’accompagnement à la création de tiers-lieux (avec la coopérative des tiers-lieux avec qui nous travaillons). Nous développons également l’aspect culturel car nous sommes identifiés comme étant un lieu de fabrique qui permet d’accueillir des artistes en résidence. Nous voulons décloisonner certains secteurs. Nous accueillons aussi une vingtaine d’entreprises et associations très diverses en terme de sujets.

 

Depuis quand l’association existe-t’elle ?

L’Association qui active le projet a été créée en 2011. Le tiers-lieu a été créé en 2013. Le nom des “Usines Nouvelles” a été choisi car il intégrait ces notions de démarches plurielles multiples, avec la notion d’outils de productions (“les Usines”), et l’idée qu’on se les réapproprie de manière différente (“Nouvelles”). Depuis la création nous travaillons étroitement avec la coopérative d’activité d’emploi Consortium Cooperative. Nous travaillons également beaucoup en coproduction et en partenariats avec d’autres structures régionales et nationales.

 

Qui sont les membres de l’association ?

7 personnes travaillent au sein de l’asso, et nous comptons 170 adhérents, des résidents, des membres bienfaiteurs… Beaucoup de métiers sont représentés au sein de nos adhérents : métiers de l’environnement, du compostage, de l’écriture, de la communication, de l’artisanat, métiers de bouche, plasticiens, artistes, artisanat d’art, développement web, ébénisterie, ferronnerie, media, graphisme…

En terme de gouvernance on met en place des commissions de travail, pour autonomiser les différents secteurs, afin de toujours avancer, améliorer les modalités d’accès… Nous avons bientôt une commission Fablab par exemple.

 

Qui sont les personnes qui viennent aux Usines ?

Beaucoup de publics passent et évoluent aux Usines. Ça peut être un artisan comme un grand groupe, un ado, quelqu’un qui a besoin d’apprendre wordpress, une personne de 80 ans qui vient faire un jardin… C’est assez varié ! Les mots d’ordres : curiosité, ouverture vers les autres, émancipation.

 

Vous êtes partenaire de Cobalt depuis l’ouverture en 2017, comment s’est nouée cette relation et en quoi consiste-t-elle aujourd’hui ?

Avec Cobalt, on a des atomes crochus de par les publics, les sujets : le numérique, l’emploi, et le fait d’être une entité support pour travailler. Avant la création des Usines, on était déjà proche du SPN (réSeau des Professionnels du Numérique et de l’Image), et avec le développement du fablab on avait tout intérêt à travailler ensemble. Avec la montée en puissance des tiers-lieux et la volonté du SPN et de la municipalité d’avoir un lieu tel que celui-ci à Poitiers, nous avons aussi contribué à la création de Cobalt. Aujourd’hui le partenariat consiste à valoriser certaines filières et faire connaître ce réseau là.

 

Vous avez récemment changé d’identité, pourquoi ?

Nous avions besoin de nous renouveler, après 5 ans d’activité. Nous avons d’abord travaillé sur le fond… Aujourd’hui nous considérons que nous avons passé la phase de test, et il faut maintenant qu’on travaille aussi sur la forme, car nous avons compris que finalement nous n’étions pas encore très bien compris. Nous avons fait appel à des conseillers en communication, et nous avons réfléchi à la nouvelle identité des Usines. C’est ainsi que “Les Usines Nouvelles” se sont transformées en “Les Usines”. Ce changement était logique car nous avons désormais perdu la notion de nouveauté…

Aujourd’hui, nous voulons développer et améliorer notre communication pour une meilleure compréhension du projet, des services qui sont proposés et de leur accessibilité. Le site web est actuellement en construction.

 

Avez-vous de nouveaux projets ?

Nous avons beaucoup de projets, et de choses que nous voulons développer dans les mois qui arrivent. La mise en place de cursus de formations, autour de la fabrication numérique, la conception design, la programmation. L’événementiel, que nous voulons plus présent au sein des Usines.

 

Personnellement, la dernière fois que je suis venue c’était à la fête du solstice en décembre 2018, une sorte de marché de noël artisanal. Est-ce important d’organiser ce type d’événement ?

Oui, la fête du solstice a eu un grand succès. Nous en sommes très contents car cela permet de mettre en valeur les artisans, artistes, producteurs locaux. Prochainement, au printemps, nous souhaitons organiser des marchés de producteurs régulièrement afin de valoriser les circuits courts. En terme d’événementiel nous voulons également développer des expositions et des parcours d’œuvres.

Fête du solstice, Décembre 2018

 

 

 

 

 

 

 

 

En termes d’évolution du bâtiment, avez-vous de nouveaux projets ?

Oui, nous avons détecté de nouveaux besoins et envies. À l’heure actuelle, nous avons 3000 m2 réhabilités et nous souhaitons doubler cette surface car il y a des moyens techniques dont nous ne disposons pas aujourd’hui. Par exemple : une cuisine professionnelle, un espace événementiel, une grande halle pour les marchés et expos. Nous voulons aussi augmenter notre capacité d’accueil en termes de bureaux, ateliers et espaces mutualisés.

 

J’ai entendu parler de la création d’un bar…

Oui, nous souhaitons mettre en place un endroit qui fasse un point de jonction entre la maison et le travail, un lieu de vie, type bar/Boutique, pour faire vivre le lieu et avoir un endroit convivial où tout le monde peut venir. Le projet est à l’étude.

 

Ces bâtiments ont vraiment un charme particulier, souhaitez-vous gardez le même style ?

Oui, bien sûr, nous voulons préserver ce patrimoine, nous voulons garder l’esprit friche, et usines. La trace du passé est aussi ce qui fait l’identité particulière du lieu.

 

 

 

 

 

 

Autre chose au niveau des projets à venir ?

Nous sommes en réflexion par rapport au modèle juridique, nous travaillons sur une nouvelle structuration juridique qui permettrait d’intégrer d’autres parties prenantes. Nous souhaitons mieux intégrer l’outil bâtiment dans notre modèle économique. Nous questionnons ces modèles pour améliorer les choses.

 

Pour finir, qu’est-ce qui rend Les Usines unique selon toi ?

C’est un lieu unique par son histoire, c’est un lieu atypique par son parcours et sa durée dans le temps. C’est réellement un lieu à part !

 

Pour découvrir Les Usines en image c’est ici !

Rendez-vous sur le site des Usines pour découvrir les événements et activités proposées.

Propos recueillis par Sarah Lopes, service civique à Cobalt