« Avec Silver Geek nous leur proposons plutôt de questionner le sens et l’approche humaine derrière la technologie. » Vincent Blanchard

Vincent a toujours travaillé dans des associations. Après les Ateliers du Bocage (mouvement Emmaüs), et France Active, il se consacre aujourd’hui à Silver Geek, association pour l’inclusion numérique des seniors, qu’il a co-fondé en 2013 !

Fiche d’identité :

Vincent Blanchard – 36 ans, secrétaire général de l’association Silver Geek, coworker à Cobalt depuis 2 mois.

 


Vincent, peux-tu nous présenter brièvement ton parcours professionnel ?

J’ai d’abord travaillé pendant 7 ans dans le mouvement Emmaüs, aux Ateliers du Bocage, où j’ai lancé le programme Solidatech et développé des projets d’inclusion numérique. Dans ce cadre j’ai co-fondé Silver Geek en 2013 avec une dizaine d’entreprises et d’assos du territoire (Macif, Unis-Cité, Orange, Futurolan…) et c’est ce projet qui m’a donné envie de me spécialiser dans les partenariats entreprises/associations et la co-construction territoriale. Je me suis alors formé avec un laboratoire d’innovations partenariales, Le Rameau, puis j’ai commencé à exercer en tant que consultant avant d’être recruté par France Active Poitou-Charentes pour essaimer un concept venu d’alsace : « le Labo des partenariats ». En parallèle je travaillais toujours bénévolement pour SilverGeek, j’étais administrateur jusqu’en décembre dernier, et je suis devenu salarié permanent en janvier.

 

Parle nous de Silver Geek !

Silver Geek c’est une sacré aventure. Nous sommes partis du Poitou-Charentes il y a 6 ans et nous sommes aujourd’hui dans 7 régions et 22 départements… ça cartonne !

Nous avons deux gros chantiers en cours. Le premier est l’essaimage territorial du projet avec l’ambition d’être présent dans toutes les régions et, à terme, dans chaque département. Pour y arriver, nous avons de gros enjeux en matière de développement de partenariats. Notre principal financeur est la Fondation Macif (également co-fondateur de l’association), et sans eux et leur investissement nous n’en serions pas là aujourd’hui. Mais ils savent comme nous qu’il faut trouver d’autres partenaires pour réussir à avoir un maillage territorial national.

Notre deuxième chantier est la recherche et l’innovation : développer de nouveaux usages ludiques pour les personnes âgées dans les ateliers, et aussi de nouveaux supports ou formats de compétitions dans les événements.

C’est super intéressant car on travaille à la fois avec l’écosystème Esport/Jeux-vidéo et plus largement Numérique, et en même temps avec l’écosystème du Social/Médico-social et de la Recherche. C’est la réunion de deux univers et c’est passionnant. Généralement, ces acteurs se rejoignent avec une approche très économique sur des questions d’objets connectés, de big data ou d’intelligence artificielle. Avec Silver Geek nous leur proposons plutôt de questionner le sens et l’approche humaine derrière la technologie. C’est notre spécificité et notre force. Le fait que l’on ait choisi d’embarquer les personnes âgées dans le numérique par le jeux et plus largement tout ce qui est fun dans les technos, ça démystifie les outils et ça leur permet d’acquérir une agilité et des compétences transversales dans le numérique.

Comment se passe une journée de travail pour toi ?

Je fais beaucoup de choses différentes car je suis le seul salarié. Je passe beaucoup de temps à interagir avec les parties prenantes du projet, essentiellement le réseau Unis-Cité qui déploie Silver Geek, mais aussi avec les organisateurs d’événements, car cette année nous avons programmé 20 compétitions départementales et 6 compétitions régionales au sein d’événements qui ont un rayonnement national comme la Gamers Assembly à Poitiers, la DreamHack à Tours ou encore la Paris Games Week.

Durant l’autre partie de mon temps, je suis beaucoup en interaction avec les éditeurs de jeux vidéos, les acteurs de la recherche, et je dois aussi garder de la disponibilité pour tout ce qui fait le quotidien de la vie de l’association (paperasse, organisation des temps statutaires, communication…etc).

Et au milieu de tout ça il y a un bon litre de café ! (rires…😄)

As-tu une expérience marquante de ton parcours professionnel à nous raconter ?

Waouh ! Il y en a plein !

À Silver Geek on vit beaucoup d’expériences marquantes avec les personnes âgées. C’est génial de voir les étoiles qu’elles ont dans les yeux quand elles participent à de grands événements où il y a une vraie communion entre toutes les personnes impliquées dans nos actions.

J’ai aussi eu la chance de faire beaucoup de belles rencontres dans mon premier job et de beaucoup voyager. Solidatech est la représentation française du réseau international TechSoup, basé à San Francisco, où est organisé tous les deux ans un grand sommet réunissant les partenaires de tous les pays (on a été jusqu’à 50 nationalités réunies dans la même pièce). C’était plutôt cool j’avoue ! Je suis également allé dans presque tous les pays d’Europe quand je bossais là-bas, mais aussi en Afrique sur des projets avec Emmaüs International. Bref, j’ai fait beaucoup de trucs super aux Ateliers du Bocage ! C’est compliqué de sortir un seul moment du lot.

 

Parlons du coworking !

As tu déjà fait du coworking ?

Non, pas vraiment. J’ai déjà travaillé en open space mais pas de coworking en tiers-lieu, c’est une première !

 

Qu’apprécies-tu à Cobalt ?

Les personnes, même si je n’ai pas trop le temps pour aller à la rencontre de tout le monde… Et c’est très agréable et bien situé.

 

D’après toi, qu’est-ce qui différencie un bon coworker d’un mauvais coworker ?

Je ne m’estime pas être un excellent coworker, car pour moi le bon coworker trouve le temps pour faire du lien avec les autres et s’intéresser à ce qui se passe dans le lieu. Chose que j’ai du mal à faire en étant à Cobalt que 2 jours par semaine… Par contre je ne pense pas non plus être un mauvais coworker, celui qui qui laisse sa vaisselle dans l’évier et ne respecte pas les consignes de tri !

 

Dis-nous en plus sur toi !

Es-tu fan de musique ?

Oui ! Je suis même président d’une association, Marakuja. On organise des ateliers d’initiation à la MAO (Musique Assisté par Ordinateur) pour apprendre à sampler, mixer, découper, mettre du son sur de l’image…etc.  On organise aussi des soirées, concerts, plutôt en Poitou Charentes et principalement de musiques du monde et musiques tropicales. À la base cette asso a été créée pour accompagner le projet artistique d’amis, les Frères Jackfruit.

Es-tu fan de sport ?

Oui, je m’intéresse pas mal au sport en général, notamment au foot et au rugby. J’adore ça !

 

Un film préféré ?

Il y en a trois ! “The Grand Budapest Hotel”, “Les Évadés” qui me fait pleurer à chaque fois que je le vois, et “Dikkenek” pour les expressions cultes ! 

 

Quelle est l’invention la plus inutile, selon toi ?

La machine à cambrer les bananes ! (rires…😄)

 

Quels sont tes objectifs d’avenir ?

Ça fait 6 ans que Silver Geek fait partie de ma vie et j’espère être de l’aventure le jour où on atteindra notre objectif de maillage national… et même international pourquoi pas !

 

Enfin, complète « Pour ma défense, je… »

Pour ma défense, je suis moitié deux-sévrien et moitié vendéen ! (rires…😄)

 

 

Propos recueillis par Sarah Lopes, chargée de mission à Cobalt.